Le Carnet
nouvelle nature
La monotonie d’un train en fin de soirée, un lundi. Ce bruit régulier qui berce et vous plonge dans une somnolence après une longue journée de travail. Je reprenais souvent le train tard, revenant du Luxembourg vers la Belgique. Ces instants de rêverie ou de lecture comptaient beaucoup, comme une parenthèse qui apaise après le tumulte.
Ce soir-là, la nuit était sombre et brumeuse. On ne distinguait presque rien dehors, sinon son propre reflet flou dans la vitre du wagon. Le tac-tac répétitif des rails semblait déjà préparer au sommeil. Le contrôleur passa sans un mot, valida machinalement mon abonnement, puis disparut dans la voiture suivante.