Night Club

Miles Davos 3 minute(s) de lecture possible mercredi 1 mai 2024 581 mots et d'autres choses
bd critique chronique comics

Il est 4 heures du matin. Définitivement trop tôt pour se réveiller. J’ai beau tourner et me retourner, le sommeil ne revient pas. Que faire donc à cette heure indue à part lire. Et que lire.

Mon choix s’arrête assez naturellement sur « Night club », au regard du parallèle avec ma nuit qui a commencé sous les meilleurs auspices avant de se retrouver tronquée par on ne sait quel sort.

À l’heure où j’écris ces lignes, ce comics est la dernière création traduite en français de l’écossais Mark Millar — celui-là même qui est derrière de grands succès commerciaux tels que Civil War, Kick-Ass ou The Ultimates — avec l’espagnol Juanan Ramírez au dessin.

« Night club » suit un trio de lycéens liés par une solide amitié. Comme nombre de jeunes de leur âge, ils se cherchent. On ne peut pas dire qu’ils soient vraiment passionnés par les études. C’est alors qu’ils s’essayent à l’audace, se filmant dans l’acte en espérant attirer vues et suiveurs, afin de monétiser leurs « exploits » sur les réseaux dits sociaux.

Mais leur carrière n’a pas encore démarré qu’elle s’arrête abruptement à cause d’un accident qui aurait pu être fatal pour l’un d’eux sans l’intervention salutaire d’un… vampire.

Ce dernier cherche à monter une petite armée pour l’aider dans sa quête de justice. Il apprend au garçon qu’il a mordu à maîtriser ses nouveaux pouvoirs, mais aussi à en comprendre les limites. Millar en profite pour nous rappeler quelques « règles » concernant les vampires. Au cas où l’on aurait oublié.

Le garçon, tout excité par ses nouveaux pouvoirs, propose à ses deux comparses de les mordre, ce qu’ils acceptent. Et voici notre trio tout puissant et affublé de masques de lucha libre redressant les torts, petits et grands, en vrais petits justiciers, sans oublier qu’ils vivent sous la bannière du libéralisme à l’américaine. C’est donc sous le sobriquet de « Night Club » qu’ils se font une « fame » sur YouTube et font enfin décoller la carrière monétisable dont ils rêvaient.

Jusqu’au jour où ils foirent leur coup en s’attaquant à un trop gros morceau, provoquant une catastrophe que les médias ne manquent pas de couvrir. Et c’est ainsi qu’ils se font remarquer par ceux-là même contre lequel le vampire qui sauva le garçon à l’origine du « Night Club » cherche à lever une armée.

Millar fait dans le facile pour ce comics réalisé pour Netflix. C’est du consommable de son époque, à la Netflix, avec juste la petite dose de critique de la société américaine, mais pas de quoi provoquer une révolution non plus. Simple, efficace, et facile à digérer, avant de passer à autre chose.

Le dessin et la mise en couleur de Ramírez ne vont pas vous surprendre non plus par leur originalité. Ceci dit, je les ai trouvés plaisants, soutenant comme il faut le scénario.

Si vous cherchez un comics qui repose vos cellules grises sans trop en tuer au passage, avec les bons d’un côté et les méchants de l’autre, « Night club » est fait pour vous. Il pourrait même vous aider à retrouver le sommeil sans vous assommer, si jamais votre nuit se trouvait écourtée sans que vous n’ayez rien demandé.

PS Alors qu’il se lit comme un one-shot, il ne s’agirait que du 1er tome de ce qui s’annonce comme une série, bien que rien de tel n’est indiqué sur la couverture.

Night Club, tome 1. Millar, Ramírez. Panini Comics. 22€.